Les suites de l'annulation du golf (revue de presse)
- Montagne Noire Avenir
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Le tribunal administratif de Montpellier a annulé en mars 2026 le projet de golf et complexe immobilier de Fontiers-Cabardès, le jugeant caduc et illégal. La société porteuse, Telcapi, a renoncé à faire appel, mettant fin à plus de 20 ans de controverses. Cependant, plusieurs questions restent en suspens, notamment l’avenir des 136 hectares détenus par Telcapi.
Une convention signée en 2011 oblige encore la commune à soutenir le projet, sous peine de pénalités financières importantes. Cette convention est largement considérée comme juridiquement illégale et désormais obsolète. La municipalité souhaite s’en dégager officiellement pour repartir sur des bases saines. Des discussions ont été engagées entre la mairie, l’État et Telcapi pour définir un nouveau projet de territoire. En parallèle, un projet éolien a émergé, mais le maire privilégie l’apaisement après des années de division locale.

En 2016, Telcapi avait organisé une visite du site où devait se dresser le parcours 18 trous et le complexe résidentiel : une image qui restera d’archives. Independant - BOYER Claude
"Un golf, on se demandait ce que ça venait faire ici" : Montagne Noire Avenir savoure la décision de justice qui "enterre" le projet immobilier et golfique de Fontiers-Cabardès
L'Indépendant, 12 mars 2026
Après la décision défavorable au dossier du complexe golfique rendue par le tribunal administratif de Montpellier et le choix de Telcapi de ne pas aller en appel, plusieurs sujets restent à régler. Et notamment l’improbable convention liant mairie et société depuis 15 ans.
Le 3 mars 2025, le tribunal administratif de Montpellier constatait "la caducité de l’unité touristique nouvelle (UTN) correspondant au complexe résidentiel golfique" de Fontiers-Cabardès, et annulait "les dispositions du plan local d’urbanisme (PLU) qui en permettaient la réalisation". Près de trois mois plus tard, il est désormais certain que Telcapi, la société créée en 2007 et dirigée par Catherine Lacoste, ne fera pas appel.
Fin du projet de golf, donc. Mais le tentaculaire dossier n’a pas encore été complètement purgé. Preuve en est la réunion tripartite programmée le vendredi 5 juin à Fontiers-Cabardès, réunissant mairie, préfecture et la société. Au programme des discussions, l’avenir des 136 ha détenus par Telcapi sur la commune, notamment.
Mais aussi, sans doute, cette improbable convention qui lie commune et Telcapi, signée en 2011 pour 30 ans. Avec, noir sur blanc, l’obligation pour la municipalité de "faciliter, chaque fois que nécessaire […] les démarches afin de permettre la réalisation de l’opération, que ce soit au stade des études, de l’élaboration du plan local d’urbanisme ou de l’obtention des autorisations subséquentes d’aménager et de construire". Et, en cas de non-respect des clauses, une indemnité journalière de 300 € à verser, jusqu’à ce que les obligations soient "respectées". On l’imagine, la facture pourrait vite grimper, à 109 500 € l’année.
Une convention sur laquelle Lucie Roesch, secrétaire générale de la préfecture et sous-préfète de l’arrondissement de Carcassonne, portait un regard plus que circonspect le 29 mai 2024 : "Nous avons déjà eu l’occasion d’exposer à la mairie de Fontiers que son contenu nous paraissait surprenant, en droit et en opportunité, dans la mesure où la commune ne saurait être tenue pour responsable de la non-réalisation d’un projet qu’elle n’avait de toute façon pas la compétence d’autoriser, cette compétence revenant à titre principal, à l’État."
L’intérêt de la commune, c’est de sortir clairement de cette convention, avec un document officiel.
Deux ans plus tard, et s’il rappelle n’intervenir aucunement au nom de la mairie dans le dossier, l’avocat de l’association Montagne Noire Avenir (MNA) Me Wormser veut bien poser un avis de "juriste" sur la fameuse convention : "Des conventions de ce type-là, dans lesquelles la partie privée engage la responsabilité de la commune, ont déjà fait l’objet de jugements défavorables. Elle est tout simplement complètement illicite, illégale depuis le début, elle ne crée aucun droit. Telcapi peut aller en contentieux indemnitaire, à mon avis ils ne toucheront pas un kopek."
Ces avis, et bien d’autres, Benoît Sanchez, le maire élu en mars 2026, en a connaissance : "J’entends les discussions qui disent que ça n’a aucune valeur. Mais l’intérêt de la commune, c’est de sortir clairement de cette convention, avec un document officiel. Et à partir de là, on pourra discuter de l’avenir."
Pas de recours de Catherine Lacoste, le projet de golf de Fontiers Cabardès définitivement enterré : après 20 ans de rebondissements, comment va s'achever le feuilleton
L'Indépendant, 2 juin 2026
Le 3 mars 2026, le tribunal administratif de Montpellier constatait la caducité de l’unité touristique nouvelle et du plan local d’urbanisme qui devaient permettre un projet à 80 M€ en montagne Noire. Alors que la société Telcapi a décidé de ne pas faire appel, toutes les parties doivent se réunir dans un dossier où beaucoup de sujets restent encore à régler.
"Je ne vois vraiment pas comment ils pourraient aller en appel." Le 13 mai 2026, Me Emmanuel Wormser, avocat de l’association Montagne Noire Avenir (*) dans le dossier du golf de Fontiers-Cabardès, affichait de profonds doutes sur un potentiel recours de la société Telcapi, un peu plus de deux mois après la véritable claque infligée par le tribunal administratif de Montpellier.
Dans sa décision du 3 mars 2026, l’instance héraultaise avait ramené le projet au rang d’illusoire perspective : d’abord en prononçant la caducité de l’autorisation d’unité touristique nouvelle (UTN), le fondement du dossier porté par Catherine Lacoste et ses associés pour le pharaonique ensemble, avec parcours 18 trous et 29 000 m2 de constructions, entre hôtel-restaurant 4 étoiles, club-house et villas ; ensuite en annulant la délibération du 24 septembre 2024 par laquelle le conseil municipal avait prorogé la validité de l’UTN datée de 2012 ; enfin en enjoignant à la commune d’adopter, dans un délai de six mois, des règlements "tenant compte des motifs de l’annulation de l’acte querellé et ne permettant pas la réalisation d’un complexe golfique".
"Projet d’un autre temps"
Dit autrement : modifier le PLU adopté en décembre 2022, avec 8,8 ha et 7,23 ha en zones à urbaniser, pour accueillir les constructions d’hébergement à vocation touristique (AUt) et celle à vocation d’équipement (AUte) du complexe. Sollicitée le 13 mai 2026 au sujet de la "stratégie" de Telcapi, Me Hélène Gélas, avocate au barreau de Paris qui avait défendu la cause de la société, expliquait que toute "communication" relevait de Valéry Beauvillain. Un acteur du dossier qui, en juin 2024, était présent à la chambre de commerce et d’industrie (CCI) de l’Aude avec son père Jean en tant que "représentants du porteur de projet", pour tenter – vainement – de reprendre la main, alors que le préfet Christian Pouget avait qualifié le complexe de "projet d’un autre temps" début 2024.
Avec Golf Expertise Conseil, dont il est le directeur du développement, Valéry Beauvillain œuvre dans "l’ingénierie dans l’univers du golf", de l’audit à la construction, en passant par la gestion de parcours. Une agence "particulièrement spécialisée dans les univers golf et environnement" et golf et tourisme", précise le site. Mais au rayon des "références", pas de trace du projet fontiérol. Tout au plus, à l’onglet "Languedoc-Roussillon/Pyrénées-Orientales", la société évoque-t-elle un "projet de ZAC intégrant un golf", une "analyse d’opportunité" ou le "golf immobilier privé de la Rahau à Perpignan (sans doute le projet de golf de Villeneuve de la Raho, Ndlr), en partenariat avec Golf Projet" ; pas plus de mention de la montagne Noire à la page "Hérault/Aude"… On s’en doute, l’échec patent n’est sans doute pas le meilleur outil de promotion. En matière de communication, la famille Beauvillain fait d’ailleurs dans la discrétion. Depuis deux mois, une douzaine d’appels et de messages sans suite. Tout au plus Jean Beauvillain nous indiquait-il le 18 mars 2026 que c’est à son fils qu’il revenait d’adresser les questions. Chose faite, sans réponse en retour, pas plus tard que le 1er juin 2026.
Reste que, depuis le 26 mai 2026, et une confirmation de la cour administrative d’appel de Toulouse, la cause est entendue. Telcapi ne fera pas appel. Dernier épisode d’un feuilleton vieux de plus de 20 ans, comme le rappelle le site de la commune : "Un projet de golf 18 trous porté par le groupe "Lacoste" est en cours depuis octobre 2006 sur le site des Augers sur près de 230 hectares."
Ce serait prématuré alors qu'on peut apaiser le village : à Fontiers-Cabardès, le golf à peine écarté, l'éolien vient toquer à la porte de la mairie
2 juin 2026
Bien sûr, rappelle Benoît Sanchez, le maire élu le 15 mars 2026 le rappelle : "Il est important de préciser que le projet actuel ne se situe pas sur la propriété de Telcapi, mais bien sur le domaine communal." Mais depuis 2009, Telcapi a bien acquis la maîtrise foncière de 136 hectares sur les 846 ha de superficie de la commune. En faisant donc un incontournable interlocuteur.
En lien avec la secrétaire générale de la préfecture (et sous-préfète de l’arrondissement de Carcassonne) Lucie Roesch, "pour savoir comment on pourrait envisager la suite", le maire a aussi eu un contact avec Valéry Beauvillain : sans aller dans les détails, le représentant de Telcapi aurait évoqué un "projet structurant autour de l’agro-tourisme".
Une piste qui pourrait (peut-être) satisfaire MNA, dont le conseil d’administration doit se réunir jeudi 4 juin. C’est en son seul nom que Justine Bianconi, cosecrétaire de l’association, rappelait le souhait "d’un avenir agricole sur ces terres de La Canade, qu’on avait d’ailleurs évoqué lors de deux rencontres avec le précédent président de la chambre d’agriculture". Une orientation qui pourrait s’accorder avec celle d’un maire convaincu que "Fontiers doit jouer la carte de l’environnement et de la nature".
Alors que le travail de révision du PLU a été entamé lundi 1er juin, avec l’aide de la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM), l’avenir post-golf va commencer à se dessiner. Le vendredi 5 juin, une réunion tripartite doit rassembler à Fontiers-Cabardès mairie, services de l’Etat et société Telcapi.
Depuis la fin mai 2026, le dossier du golf porté par Telcapi, la société de Catherine Lacoste, est définitivement enterré. Peu de temps après les municipales, Valeco, entreprise productrice d’énergies renouvelables, est entré en contact avec la commune sur le sujet de l’éolien.
Déjà conseiller municipal à Fontiers-Cabardès, Benoît Sanchez avait placé sa candidature comme maire sous le signe de "l’apaisement, de la transparence et de la continuité". Seul candidat, il avait passé un 1er tour évidemment serein, avant d’être officiellement élu le 21 mars. Si la volonté d’apaisement est toujours là, les journées sont bien agitées. Moins de deux semaines avant le 1er tour, le tribunal administratif donnait le coup de grâce au projet porté depuis 20 ans par Catherine Lacoste et sa société Telcapi, pour un complexe résidentiel et golfique.
Un sujet qui, Benoît Sanchez le sait bien, a profondément "divisé le village". Vendredi 5 juin, il accueillera en mairie une réunion tripartite avec la préfecture et Telcapi, pour dessiner l’après-golf. Mais quelques jours après son élection, c’est un autre dossier qui a fait son apparition sur son bureau. Une "présentation, comprenant une analyse du potentiel éolien sur la commune", précise Thomas Duffes, le responsable Développement éolien et solaire Occitanie de Valeco, société de développement, financement et exploitation de centrales de production d’énergie renouvelable, à la tête de 247 éoliennes et 56 centrales solaires en exploitation.
Une démarche qui, insiste-t-il, "n’a aucun lien avec l’abandon du projet de golf". Rappelant le principe de "consulter les collectivités locales avant d’entreprendre des démarches foncières et le lancement d’études", Thomas Duffes affirme que ce premier contact pourrait être qualifié de "phase 0. Pour envisager une phase 1, il faudrait une volonté territoriale, et ensuite une série d’études. Pour l’instant, on ne parle que de potentiel théorique".
Mais Benoît Sanchez a lui déjà bien des détails sur les ambitions de Valeco : "Il s’agirait de trois éoliennes, avec des revenus fiscaux autour de 100 000 € par an pour la commune." Alléchant, forcément, pour un village de 476 habitants.
Mais Benoît Sanchez le rappelle : "L’objectif de ce mandat, c’est de renouer le contact, d’apaiser le village. Alors oui, économiquement, ce serait le bienvenu. Mais ce serait prématuré." Et sans aucun doute inflammable, dans une montagne Noire qui concentre près du tiers de la capacité de production éolienne d’un département qui représente lui-même 28,7 % du parc éolien régional.
"Un projet réaliste et respectueux du territoire" mais une convention "qui crée un climat qui n’est pas propice à la sérénité" : à Fontiers-Cabardès, que retenir de la 1re réunion consacrée à l’après-golf
L'Indépendant, 15 juin 2026
Le 5 juin 2026, pour la première fois depuis l’annulation du projet de complexe touristique et golfique par le tribunal administratif, l’Etat, la municipalité de Fontiers-Cabardès et les représentants de la société Telcapi se retrouvaient.
Fin mai 2026, Montagne Noire Avenir (MNA), France Nature Environnement (FNE) et Ecologie du Carcassonnais, des Corbières et du littoral audois (Eccla) pouvaient célébrer la fin d’un feuilleton vieux de 20 ans. Un peu plus de deux mois après la décision du tribunal administratif de Montpellier, les trois associations obtenaient confirmation par la cour administrative d’appel de Toulouse que la société Telcapi n’engagerait pas de recours sur le dossier du projet de golf de Fontiers-Cabardès.
Un serpent de mer auquel l’instance héraultaise avait porté le coup de grâce le 3 mars 2026 : en prononçant la caducité de l’autorisation d’unité touristique nouvelle (UTN), fondement du pharaonique dossier porté par Catherine Lacoste ; en annulant la délibération du 24 septembre 2024 par laquelle le conseil municipal avait prorogé la validité de l’UTN ; et enfin enjoignant à la commune de modifier son plan local d’urbanisme (PLU) sur le secteur concerné. Depuis la décision, mairie et Etat ne sont pas restés inactifs, confirmait le jeudi 11 juin Lucie Roesch, secrétaire générale de la préfecture et sous-préfète de l’arrondissement de Carcassonne, évoquant "plusieurs réunions de travail" tenues "ce printemps avec la nouvelle municipalité […] afin de l’accompagner dans la révision de son PLU."
Une nouvelle phase de travail, apaisée et constructive
Un travail préparatoire complété début juin, poursuivait Lucie Roesch : "Il est apparu utile, tant au maire qu’aux services de l’État, de connaître les intentions de la société Telcapi qui est propriétaire de terrains sur la commune, sur lesquels était initialement envisagée la création d’un complexe touristique, et qui n’a pas fait appel du jugement du tribunal." C’est donc le vendredi 5 juin que la secrétaire générale et le maire Benoît Sanchez ont retrouvé à Fontiers-Cabardès Jean et Valéry Beauvillain, les représentants de Telcapi. L’occasion, estimait Benoît Sanchez le 10 juin, "d’ouvrir une nouvelle phase de travail, apaisée et constructive". Bien sûr, aucun projet détaillé n’est déjà sorti de cette réunion tripartite.
Mais les bases d’un travail commun sont posées, estime le maire : "Les services de l’État ont confirmé leur accompagnement technique et réglementaire […]. La société Telcapi a exprimé sa volonté de participer à ce travail commun, dans le cadre d’un projet réaliste et respectueux du territoire. Cette réunion marque une étape importante : celle d’une vision commune en construction, fondée sur la transparence, le dialogue et l’intérêt général." Un objectif qui passe par la révision du PLU, dans le délai de six mois imposé par le tribunal. Un travail qui nécessite, rappelait Lucie Roesch, que la commune détermine "ses besoins et ses souhaits en matière d’urbanisation pour les décennies à venir". Une révision qui, rappelait Benoît Sanchez, "nécessite l’élaboration d’un cahier des charges précis, qui définira les orientations, les contraintes réglementaires et les objectifs de développement du territoire", en bénéficiant d’un "partenariat avec l’Atelier des Territoires (dispositif ministériel, Ndlr) afin de bâtir un PLU cohérent, sécurisé et partagé". Mais c’est aussi un sujet sensible que la réunion a permis d’aborder. La convention qui lie depuis 2011 et pour 30 ans la commune et Telcapi, obligeant la municipalité à faciliter les démarches nécessaires à la réalisation de l’opération. Avec la menace, en cas de non-respect des clauses, d’une indemnité journalière de 300 € à verser, soit 109 500 € par an.
La décision du juge administratif […] rend cette convention obsolète
Sur la question, Lucie Roesch est claire : "Les services de la préfecture ont déjà été amenés à dire et à écrire à la municipalité que la convention qui la lie à la société Telcapi repose sur des bases irrégulières en droit : la collectivité s’est en effet engagée dans des domaines d’action qui ne relèvent pas de sa compétence. Cette analyse n’a évidemment pas changé et nous sommes prêts à la réitérer à qui de droit. Mais, au-delà de l’analyse juridique, l’existence de cette convention crée, de notre point de vue, un climat qui n’est pas propice à la sérénité des échanges : un projet d’aménagement, quel qu’il soit, ne peut en effet se concevoir que dès lors que les élus locaux y adhèrent pour ce qu’il est concrètement, pour ce qu’il peut apporter au territoire, et non pas par crainte de se voir appliquer des pénalités financières. Et d’ailleurs, la décision du juge administratif rendue en mars dernier, qui reconnaît la caducité de l’UTN, rend cette convention obsolète puisque le projet pour lequel elle a été formalisée n’existera pas. Une nouvelle page doit s’écrire pour le territoire ; la résiliation de cette convention y participera." Un sujet sur lequel la famille Beauvillain, injoignable depuis mars 2026 et sollicitée à nouveau en vain le 10 juin, n’a pour l’heure pas apporté d’éclairage.




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